Et si la transmission devenait le levier décisif pour naviguer dans un monde où l’IA redéfinit nos repères ?
À l’heure où les outils intelligents remodèlent nos façons d’apprendre, de collaborer et de diriger, il est urgent de repenser la relation entre générations et d’inventer un leadership plus humain, fondé sur l’échange et la diversité des parcours.
Demain, la valeur ne résidera plus uniquement dans la connaissance, mais dans notre capacité à transmettre, à écouter, à s’adapter et à faire circuler les savoirs.
Aujourd’hui, nous avons le plaisir de convier Denys JOURDANT, DSI/CIO et Président chez Jourdant Digital Conseil, ainsi que Olivia MICHEL-RODIERE, alternante chez APM Monaco et étudiante en MBA Luxury Brand Marketing & International Management, pour un échange intergénérationnel inspirant sur leur vision de la transmission à l’ère de l’IA, leur parcours et leurs convictions.
En mutation à l’ère de l’IA
Denys : "Dès mon début de carrière dans l'informatique, j’ai bénéficié d’une grande autonomie (y compris dans mes études), et mon propre apprentissage s’est fait par trois leviers : la lecture, la pratique et les échanges avec des spécialistes lors d’évènements publics.
Ma première expérience de transmission professionnelle marquante, j’avais environ 30 ans, a été de former une collaboratrice aux méthodes et outils que j’avais construits et mis en place.
Mais au fur et à mesure des prises de responsabilités, on se rend compte que ce ne sont plus des savoirs que l’on va transmettre (qui évoluent en permanence) mais bien plus une capacité à prendre du recul sur la façon de les exploiter et l’articulation des spécialités différentes.
C’est là qu’on cherchera plus à guider une nouvelle génération, en étant vigilant aux risques, plutôt qu’en leur expliquant ce qu’il faut faire. Le numérique nous apportait déjà beaucoup de connaissances, plutôt à l’état brut, je pense notamment au début d’Internet.
Avec l’IA, ces connaissances peuvent être formalisées automatiquement, avec une adaptation au contexte que l'on va inclure dans le prompt.
Et sur cette partie, l’aide de la part des plus jeunes peut être déterminante."
Olivia : "Notre génération, la Gen Z fera partie de 50% de la population d’ici 2030, donc nous ne sommes pas à négliger. Bien au contraire, nous avons évolué à l’ère du digital depuis notre enfance, du téléphone à clapet au smartphone.
Avec l’IA, c’est bien plus que cela, nous l’utilisons quotidiennement, en passant par des recettes de cuisine, des reformulations de phrases pour un meilleur rendu et je dirai même que nous l’utilisons, pour certains comme un coach personnel, qui comprend nos émotions et permet d’interagir directement de manière efficace.
Plus nous sommes précis sur notre prompt, mieux ChatGPT ou encore Gemini nous sont utiles.
Cependant, il est essentiel de reconnaître que les générations seniors, ainsi que les Gen Y et X, portent en elles un savoir précieux, souvent inégalé.
Elles ont une approche unique, différente de la nôtre, qui contribue à créer un véritable lien entre les générations d’aujourd’hui. Après tout, on apprend toujours davantage des autres que de soi-même."

Une révolution
cognitive partagée
Denys : "La croissance des connaissances est exponentielle, et l’IA nous permet d’accéder à du savoir issu de la compilation de ces connaissances disponibles dans de multiples formats.
Là où l’apprentissage se faisait selon une certaine logique, progressive et pouvant embrasser plusieurs domaines, dorénavant celui-ci se fait spécifique, avec des objectifs ciblés. Ceci pose la question de la construction de solutions innovantes issues du croisement de connaissances diverses."
Olivia : "Il y a quelques années, on nous demandait souvent : « Que veux-tu faire dans 5 ans ? Dans 10 ans ? » Et on arrivait à se projeter, à rêver d’un métier avec une certaine assurance.
Aujourd’hui, c’est différent. Comme l’a justement dit Denys, : la croissance des connaissances est exponentielle, et le temps file à toute allure, notamment avec l’arrivée de l’IA.
Il devient alors difficile de se projeter aussi clairement qu’avant, avec cette nouvelle peur qui plane : celle d’être peut-être un jour remplacés par des robots."




